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Tadashi Kawamata
Tadashi Kawamata
Né en 1953 sur l’île d’Hokkaidō au Japon, Tadashi Kawamata est diplômé de la Hokkaido Iwamizawa Higashi High School en 1972.
En 1982, à l’âge de 28 ans, il est choisi pour participer à la Biennale de Venise et en 1987 il participe à la Documenta de Cassel.
Dans l’intervalle il obtient un doctorat de l’université des arts de Tokyo en 1984.
Réalisant des œuvres in situ à travers le monde entier, il a participé à de nombreuses expositions internationales, il s’est notamment illustré en tant que directeur de la Triennale de Yokohama en 2005.
Professeur à l’université des arts de Tokyo d’avril 1999 à mars 2005, il enseigne depuis 2007 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
Site de la galerie de l’artiste
© Tadashi Kawamata
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Les expositions doivent-elles être accessibles à tout prix ?
Voilà une expo qui paraissait devoir convenir à tout le monde. Aux petits comme aux grands. Aux Parisiens comme aux provinciaux : « Mythes fondateurs. D’Hercule à Dark Vador », la toute première exposition de la Petite Galerie du Louvre, un nouvel espace dédié à nos amis les enfants. Cerise sur le gâteau : gratuite pour les moins de 18 ans.
Soyons honnête : le titre était tout sauf trompeur. Il y avait bien une statue d’Hercule. Il y avait bien un masque de Dark Vador (le clou de l’expo à en juger par l’attroupement de selfies tout autour). Mais entre les deux, pas grand-chose.
Ce furent les enfants qui eurent le dernier mot : « Et sinon, quand est-ce qu’on va voir la Joconde ? »
Certes, permettre aux plus jeunes d’accéder aux musées par la petite porte est une intention louable. Mais est-il à ce point nécessaire de surfer sur leurs goûts supposés (Star Wars) pour les séduire ? Et d’ailleurs, n’est-ce pas une tendance qui tend à se généraliser à tous les publics ?
Liens vers l’emission de France Culture.
Image : Performance “Untitled” de l’artiste australien Sam Jinks (Art Basel’s 2015 à Hong Kong) © REUTERS/BOBBY YIP
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Florian & Michael Quistrebert
Florian & Michael Quistrebert, ces deux frères diplômés des Beaux-Arts de Nantes, pratiquent ensemble depuis 2004 un académisme technique perverti par on ne sait trop quelle déviance formelle, un art de l’anachronisme et de la grossièreté feinte.

On les a connus dessinateurs au trait de feutre joyeusement coloré puis de rotring plus torturé, sculpteurs de bronzes sur socles dégoulinants de cire, peintres de l’odyssée des grands espaces de leur biker paumé de héros ; on les a vus déjà plusieurs fois à Zoo galerie (2004, 2007), à 40mcube (Rennes, 2008), au dernier Printemps de Septembre toulousain, chez Crèvecœur, leur galerie parisienne, et tout récemment au domaine de Chamarande.

Tout juste rentrés d’une année new-yorkaise, ils débarquent avec un intérêt renouvelé pour le noir, un noir puissant devenu la couleur fétiche de leurs empâtements désormais monochromes. L’architecture de Gotham City qui s’insinuait depuis dans leur peinture pour la parer d’une dimension rétro-futuriste se mue aujourd’hui en un néo-constructivisme allégé de sa dimension utopique première. Oscillant entre surépaisseurs maximales et légèreté de l’application au spray, le symbolisme ici à l’œuvre nous entraîne dans un ésotérisme sombre. The eighth sphere, (la planète des âmes perdues, pour les non-initiés à l’occultisme), se dessine à Zoo galerie comme un environnement pictural, tendu jusqu’à sa négation.Un wall-painting inspiré de la technique de vaporisation d’aquarelle utilisée par Klee et Kandinsky —mais réalisé sauvagement à la manière des Splashers new-yorkais— pour écrin, les toiles des Quistrebert se délitent jusqu’à s’abolir dans leur principe même. Dialoguant avec des tableaux de facture plus classique, des croûtes noires et luisantes semblent couler du mur. La technique de leur Chrysler building (Chrys, 2009) que l’on connaissait s’affaissant vers le sol en une masse huileuse se radicalise ici : il n’y a plus de châssis, de toile ou même de peinture, juste une surface, une croûte. Et ce n’est pas l’abstraction du ballet d’ombres et lumières qui compose leur dernier film qui démentira ce nouveau formalisme à l’œuvre chez les deux frères.
Texte lors de leurs exposition à la Zoo Galerie en juillet 2010
© Florian & Michael Quistrebert
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John Baldessari
John Baldessari, né le 17 juin 1931 à National City (Californie) est un artiste conceptuel américain, représentant du courant post-moderniste qui recourt notamment à la photographie.
De 1959 à 1968, John Baldessari réalise deux sortes d’œuvres : des peintures narratives, des toiles sur lesquelles des lettres sont peintes, et des Fichues Allégories, des photographies légendées en référence à l’histoire de l’art.
De 1969 à 1977, il réalise des films et des vidéos expérimentales.
À partir de 1980, il se consacre à la réalisation de tableaux constitués de photographies, d’images cinématographiques qu’il collectionne, recadre, colorise.
Depuis 2000, il ajoute des peintures à ses photo-collages.
Si l’image existe, il n’est pas nécessaire de la reproduire. C’est un poète visuel. Sa sensibilité le rapproche plus de la littérature que de l’histoire de l’art. Son approche d’apporter un sens supplémentaire à des expressions littéraires.
Il souhaite créer un choc par l’assemblage de ces images. Ce contraste devrait être source de magie. Il s’intéresse à des images qui représentent des moments difficiles ou expriment la fragilité des êtres.
Baldessari a reçu de nombreuses récompenses : en 2008, le Biennial Award for Contemporary Art, Bonnefantenmuseum, (Maastricht, Pays-Bas); American Academy of Arts and Letters en 2007 ; Archives of American Art Medal, (Washington, D.C.) ; le Rolex Mentor et Protégé Arts Initiative en 2006-2007 ; le Lifetime Achievement Award, Americans for the Arts, New York en 2005; et de l’American Academy of Arts and Sciences en 2004. Il a reçu le Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre lors de la 53e Biennale de Venise, en septembre 2009. En avril 2006, il fut élevé au rang de Doctor of Fine Arts, honoris causa, National University, Irlande1.
© John Baldessari
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Max Boufathal
Max Boufathal sculpte une mythologie personnelle, née de la rencontre de fragments de civilisations primitives et consuméristes. Alliant aussi bien figures religieuses, politiques ou blockbusters, son œuvre stimule les référents visuels ancrés dans l’imaginaire ; jouant de codes en opposition, elle crée le dépaysement.

Art d’une guerre contemporaine qui trouve ses racines dans les pratiques ancestrales, le sculpteur se fait sorcier invoquant les esprits de ses dieux noirs, de Martin Luther King à Jimmy Hendrix (“The Solar Fighting Bros”/”The Furious Snakes”). Il puise son inspiration aux origines, alliant guerre et sacré. Les figures de son armée thériomorphe, écorchées dont les plumes se mêlent au filandreux du muscle, évoquent les parures des guerriers Massai ou les costumes de Navajos “Skinwalkers”. La tension anatomique est lisible dans la précision de la structure, elle sublime le matériau profane. Les regards fixent le lointain, nous montrent une autre voie.
Dans l’arène de son atelier, Max Boufathal se prépare, anticipant un futur condamné à lutter pour sa propre survie. Recyclant, bricolant, il exploite une société en déclin, détournant la matière qu’elle produit pour créer des sculptures d’anticipation, au dessein “sociophage”.
“L’ennemi : l’Art”. S’attaquant à ce microcosme, les œuvres planifient la mort du système dont elles sont issues, assurant ainsi leur survivance.
Provocant, le projet aux résonances de science-fiction se révèle une véritable entreprise du “pouvoir”, manifeste utopique pour la conquête du territoire artistique.
Ces sculptures, partie visible d’un plan martial, se construisent selon une chaîne opératoire précise, établie sur plusieurs années. À la manière d’un rituel, chaque œuvre semble un geste symbolique fédérateur, processus d’apprentissage façonnant le guerrier et l’ancrage de son projet dans les esprits.
Le rituel final pourrait bien être une cérémonie, présentant dans son ensemble le “Triomphe de la Mort” activé grâce à une formule.
Texte issu de l’exposition NEW WORLD CONFUSION / association COOP
Toutes les oeuvres présentées sont propriétés de l’auteur Max Boufathal.
Crédit photographique : Claire Soubrier.
© Max Boufathal
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Ellsworth Kelly
Ellsworth Kelly est né le à Newburgh, dans l’État de New York, et mort le 27 décembre 2015 à Spencertown (Austerlitz), est un peintre et sculpteur abstrait américain dont l’œuvre peut être apparentée au courant du minimalisme.

In this 2007 Ellsworth Kelly piece, four separate oil-painted canvases combine to form a single work, Green Blue Black Red. Il commence en 1941 des études d’art à New York, que la guerre interrompt bientôt. Mobilisé en tant que soldat de l’US Army, il se rend pour la première fois à Paris en 1944, puis y retourne, aidé par la G.I. Bill, qui lui permet d’étudier la peinture en 1948 après deux années d’études de 1946 à 1948 à Boston.
Il s’installe à Paris de 1948 à 1954, où il trouve l’orientation de son art, une simplification abstraite du tableau et une mise en volume de la peinture. Sa peinture ne prend toute sa dimension qu’avec l’espace qui l’entoure, elle n’existe alors plus en tant qu’objet mais comme motif sur le mur du musée. Kelly exploite la peinture comme élément architectural, comme si elle avait un poids et crée ainsi un ensemble de liens et de relations entre les formes et les couleurs qui forme un nouvel équilibre visuel caché.
Sa première exposition se tient à Paris en 1951. Puis, il retourne à New York de 1954 à 1969, où il expose assez régulièrement et effectue sa première vente vers un musée important en 1956. Par la suite il reçoit diverses commandes destinées à des espaces architecturaux.
Entre 1959 et 1963, il expose successivement pour le Museum of Modern Art à New York, à la Washington Gallery of Modern Art.
En 1969, il s’installe au nord de New York et le Museum of Modern Art de New York organise une rétrospective de son œuvre en 1973.
Il commence à faire des sculptures monumentales, reçoit divers prix et fait de nombreuses expositions aux États-Unis comme pour la sculpture en 1982 au Whitney Museum of American Art à New York ou en 1987, une Print Retrospective au Detroit Institute of Arts et Works on Paper au Museum of Fine Arts à Boston.

Yellow over Dark Blue 1964-5 Ellsworth Kelly born 1923 Presented by Mary Martin in memory of her husband Bill Morton 1989 http://www.tate.org.uk/art/work/P11222 Mais il expose aussi en Europe avec en 1981 une exposition à Amsterdam et au Musée national d’art moderne de Paris. Au début des années 1990, il fait une exposition de ses années de travail à Paris (1992). Il est aussi dans l’exposition New Displays à la Tate Gallery de Londres.
En 1996, il fait aussi l’exposition Ellsworth Kelly on the Roof au Metropolitan Museum of Art à New York. En 1999, Works on Paper 1948-1955 au Fogg Art Museum à Harvard et en 2002 Tablet: 1948–1973 dans The Drawing Center à New York.
© Ellsworth Kelly
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Martial Raysse
“Martial Raysse”, exposition monographique consacrée à l’artiste français Martial Raysse
Commissaires : Caroline Bourgeois en collaboration avec l’artiste2015-1958 / 1958-2015 : prendre l’histoire à rebours, non pas pour dérouler le fil du temps et remonter à la source, mais bien pour confronter les époques, tel est le propos de l’exposition que Palazzo Grassi – Pinault Collection consacre aujourd’hui à Martial Raysse.
Le parti pris est celui d’offrir à la fois des perspectives et une rétrospective, en appréhendant le travail de Martial Raysse non pas de façon chronologique, mais sous un angle contemporain, c’est-à-dire au regard de son travail le plus récent. Notre conviction est en effet que le travail le plus récent modifie la façon de regarder le plus ancien, et apporte une plus grande profondeur en relançant la question de la place de la peinture, comme de celle de l’artiste. Comme le dit brillamment Giorgio Agamben, « celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n’adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens, comme inactuel ; mais précisément pour cette raison, précisément par cet écart et cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir son temps »
« On a commenté à propos de mon changement de cap : « Martial retourne à la peinture. » C’est faux. J’y arrive à peine. On a une page blanche devant soi et on se trouve exactement devant la même situation qu’au Moyen Âge. Rien n’a changé. » Martial Raysse
Martial Raysse fait partie de ces quelques artistes pour qui se confronter à la « grande » histoire de l’art est le véritable enjeu, et ceci depuis le début de son engagement. Que ce soit par la distance, par l’humour, ou en s’essayant à la copie des maîtres, en vertu du principe énoncé par Eugenio Garin selon lequel, « imiter […] c’est prendre conscience de sa propre originalité ». Il fait ainsi son apprentissage, et durant toute sa vie nous voyons comme en arrière-plan non seulement l’histoire de l’art et les chefs d’oeuvres de la Renaissance, mais aussi le quotidien si banal – de l’esthétique des Monoprix à l’ennui des petites choses.
Contrairement à la Renaissance, où les artistes devaient répondre à certaines contraintes, notamment dans le traitement des sujets religieux ou les portraits de maîtres, Martial Raysse a travaillé toute sa vie à sauvegarder son indépendance. Il propose une sorte d’utopie humaine et représente la vie de tout un chacun d’une façon qui laisse penser qu’il cherche à nous redonner espoir en notre condition. Son goût pour la représentation des femmes va au-delà de l’attirance sexuelle ou de la beauté classique ; il est fasciné par l’Inconnue.
Dans ses tableaux d’histoires, il nous propose une distance critique avec ce que l’on peut voir ou croire. Il réveille des enjeux mythologiques (L’Enfance de Bacchus ou Le Jour des Roses sur le Toit par exemple) et parle par là même de la consommation à outrance, de la distance avec le politique (Poisson d’Avril et Ici Plage, comme ici-bas), ou encore de la volonté de rire avec son époque (Le Carnaval à Périgueux).
Peintre, sculpteur, dessinateur, mais aussi poète et cinéaste… autant de termes – forcément réducteurs – qui tentent de définir cet artiste multiple et inclassable, dont l’oeuvre traverse la seconde moitié du XXe siècle et continue, aujourd’hui encore, à nous surprendre par sa singularité.
En créant un dialogue ininterrompu entre les oeuvres, le parcours de l’exposition apporte un regard nouveau sur le travail de Martial Raysse tout en mettant en évidence les allersretours incessants effectués par l’artiste au sein de ses propres oeuvres.L’exposition montre également l’énorme travail que sous-tend une telle oeuvre, laquelle, au-delà de la création de « beaux objets » vise à proposer une sorte de philosophie de la vie. Par la radicalité des couleurs et la liberté de traitement, Martial Raysse nous donne à voir la beauté du monde, l’importance pour chacun de s’y engager, la responsabilité de chacun vis-à-vis des autres et de la communauté.
Nous avons souhaité montrer dans le parcours de l’exposition tous les aspects du travail de l’artiste : ses petites sculptures, qui vont d’une figure simple au jeu avec soi-même, le dessin comme un temps de travail, ses films qui montrent ses enjeux libertaires, pour finir par les tableaux qui composent son travail ultime. Nous avons aussi ponctué le parcours par des oeuvres qui sont en quelque sorte des autoportraits révélant l’incroyable exigence et la solitude que l’artiste a dû assumer pour avancer dans son travail. Les oeuvres les plus récentes offrent un éclairage sur celles de sa jeunesse et exposent leur radicalité, tout en provoquant un véritable choc visuel. Par l’emploi de couleurs franches et de pigments purs, Martial Raysse propose un autre regard sur le monde – cette « hygiène de la vision » développée dès les années 1960 – et nous apprend par là même à voir, « car être moderne c’est avant tout voir plus clair ».
Pour finir, citons l’artiste : « J’ai toujours pensé que le but de l’art est de changer la vie. Mais l’important aujourd’hui, il me semble, c’est de changer ce qui nous entoure à tous les niveaux des rapports humains. Certains s’imaginent que la vie se copie. D’autres savent qu’elle s’invente. Rimbaud ça ne se cite pas, ça se vit ».
Caroline Bourgeois
Commissaire de l’expositionExposition au Palazzo Grassi
© Martial Raysse










































































































